Pour
comprendre le Maître de Judo aussi bien que l'homme qu'a été
Michigami Haku, il est intéressant de se rappeler le contexte
historique du Japon de sa jeunesse.
L'histoire du Japon est marquée par une série
de changements brusques. Il y'a environ 2000 ans, c'est le Japon
de la tribu du Yamato, le temps du Japon archaïque. Son chef
est en même temps chef religieux et descendant de la déesse
du soleil, par une longue lignée d'empereur fondée
aux ages légendaires. C'est l'origine de la dynastie actuelle,
la plus ancienne du monde ; la seule qui soit resté sans
brisure, disent les Japonais.
La religion d'alors, le Shinto, qui elle aussi existe encore aujourd'hui,
adorait le soleil ainsi que les milieux et esprits sacrés
qui peuplaient les monts, les forêts et les eaux.
Ensuite, vers le VI ème siècle, vient le premier grand
changement avec l'absorption à haute dose de la civilisation
du puissant voisin, la Chine. En un peu plus d'un siècle
la métamorphose était accomplie et le pays du soleil
levant (Ni-Hon) rivalisait en politique en art et en raffinement
de toute sorte avec son modèle.
C'est à cette période qu'arrivent le bouddhisme, les
idéogrammes chinois, un modèle d'état et de
gouvernement, une philosophie - le confucianisme et des arts très
divers.
Le
confucianisme a une importance très grande dans le développement
de la nation japonaise. Il façonne le pays moral et social.
Il prêche l'ordre et l'obéissance à l'Etat.
Ce mouvement d'appropriation du modèle chinois va durer jusqu'au
IX ème siècle. Mais déjà se confirme
un phénomène caractéristique, le Japon "japonise"
tout ce qu'il reçoit de Chine. Il adopte tout ce qu'il adopte.
Mieux encore, son goût de la perfection améliore la
copie ou l'emprunt.
Du IX è jusqu'au XII ème siècle environ, suit
ensuite une période où le Japon redevient Japonais.
Il s'est donné une nouvelle capitale au beau nom de "capitale
de la Paix et de la Tranquillité", en Japonais Heian-Kyo
(l'actuel Kyoto).A partir de cette période le Japon va connaître
une longue période de développement et d'enrichissement
culturel endogène. Elle a ainsi tenue ses promesses de paix
et de tranquillité pendant plusieurs siècles sans
guerre.
Puis à partir du XII ème siècle commence un
demi millénaire de guerres. Le régime féodal
se développe. A ce moment là, s'instaure également
une étrange dualité de pouvoir : un Shogun (général
en chef) tout puissant et un empereur. C'est également la
grande époque des Samouraïs et la naissance du code
de guerrier, le "bushido".
Jusqu'au XII ème siècle, les guerres civiles sont
permanentes entre les "Daimyos" (grands noms), chefs de
clans féodaux. Vers 1600 environ, le vainqueur définitif
est le Shogun Leyasu Tokugawa. Il s'installe à Edo, la nouvelle
capitale qui deviendra plus tard Tokyo. Ses successeurs régneront
sur le pays sans interruption jusqu'en 1868.
Cette période se traduit par une complète fermeture
du pays qui se trouve complètement isolé du monde,
excepté un peu de commerce avec un comptoir de marchands
hollandais à Nagasaki. Le Japon va alors à nouveau
connaître 2 siècles entiers de paix absolue sans guerre
extérieure ni guerre intérieure. Il n'aura pas non
plus de politique extérieure et pas d'expérience d'un
appartenance à la communauté internationale. Cette
expérience pèsera longtemps et fort sur le comportement
du Japon. Ainsi privé de source de renouvellement, il ne
participe pas aux développements scientifiques et techniques
qui entraînent les autres nations vers l'âge moderne.
Quand apparaissent les bateaux des américains et d'autres
nations dites modernes, sommant le Shogun d'ouvrir ses ports au
commerce occidental, le régime s'effondre. Comme alors un
des plus grand revirement de l'histoire de ce pays. Dans cette deuxième
moitié du XIX è siècle, le Japon entreprend
de s'occidentalisé, c'est le commencement de l'ère
Meiji et le retour de l'empereur comme chef unique de la nation.
Le pays rentre en pleine effervescence et une période de
rattrapage des autres nations commence. Cette période culmine
vers 1900 avec la victoire du Japon sur la Russie tsariste et un
début d'empire colonial : Corée, Taiwan et début
d'exploitation de la Mandchourie.
Le japon se retrouve le seul pays asiatique alors admis dans le
cercle des grandes puissances. C'est vers ce moment, qu'en 1912
naît Michigami Haku dans le village de Yawatahama, dans la
préfecture de Ehime sur l'île de Shikoku. Le pays alors
tout imprégné d'une grandeur reconnue.
L'histoire du Japon est ainsi faite d'un enchaînement de changements
brusques. Il faut cependant souligner qu'à chaque fois il
se jette à fond dans ce qui est nouveau mais il ne détruit
pas ce qui était avant. Le Japon juxtapose le nouveau qui
le passionne et l'ancien qu'il conserve.
Un exemple typique en est le Shinto. Il est resté la religion
nationale que le bouddhisme n'a pas évincé. Un autre
exemple est la révolution Meiji, le Japon s'ouvre et s'occidentalise,
mais il a soin de conserver et même de protéger l'ancien
Japon. D'où l'impression surprenante d'un visiteur étranger
aujourd’hui, qu'il y a 2 Japons autour de lui.
Le Maître Michigami Haku constitue, à mon sens, l'incarnation
d'un exemple supplémentaire de ce phénomène.
Fort d’une formation traditionnelle dans l'esprit des Samouraï
de l'époque féodale, il n'en vivait pas moins dans
un pays en pleine évolution, en pleine "modernisation".
Ouvert au monde moderne, aux bienfaits et aux progrès qu'il
représentait aussi pour les gens, il n'en est pas moins resté
tout acquis et fidèle sa vie durant à ces valeurs
du Japon ancien.
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>
Education dans le respect des valeurs traditionnelles
En effet, dans sa jeunesse, il a été élevé
dans une famille traditionnelle du Japon de ce temps là.
Dans ce Japon tout imprégné des valeurs du confucianisme,
le père du Maître Michigami incarné l'autorité
indiscutable et le respect des règles. Il a donc été
soumis à une éducation sévère et très
stricte. Il s'est vu très tôt contraint de participer
aux tâches quotidiennes d'intérêt général.
Il nous raconta ainsi en observant bien du changement dans l'éducation
de la jeune génération d'aujourd'hui que tous les
jours il devait balayer le trottoir devant chez lui, voire même
devant la maison de ses voisins âgés.
Ainsi dès son enfance, le jeune Michigami a pris conscience
de l'importance de la notion de groupe, de communauté et
de la notion d'intérêt général.
Cette éducation lui a permis de se forger une morale à
laquelle il ne dérogera en aucune circonstance. Elle lui
a aussi permis de développer le goût de l'effort.
Et très jeune le maître Michigami a montré un
caractère très volontariste et des dispositions pour
les exercices physiques. Il a pratiqué avec succès
plusieurs sport ainsi que le Sumo et le Judo.
A l'issue d'un concours très difficile où seulement
20 personnes ont été admises en première année,
sa formation de professeur de Judo s'est déroulé pendant
4 ans dans la célèbre école Busen (Budo-Senmon
Gakuko) qui été à cette époque en 1922,
l'(équivalent de nos meilleurs centre universitaire de formation.
Il a reçu dans cet établissement un enseignement général
reposant sur la culture classique de l'époque très
imprégnée des valeurs traditionnelles et des valeurs
du confucianisme.
Il a également été formé aux techniques
paramédicales traditionnelles (Kuatsus, Shiatsus et techniques
de réanimations diverses).
Il a bien sûre bénéficié d'une formation
des plus hauts niveaux aux Arts Martiaux et au Judo en particulier.
L'enseignement été assuré par les plus grand
maître de l'époque tel que M. Isogai (10° Dan),
Kurihara (10° Dan), Tabata (10° Dan qui a introduit le O-Uchimata)
et Fukushima (9° Dan). Cette établissement été
constitué d'une alternance de travail technique très
exigeant et de rudes entraînements dans l'esprit martial du
Bushido.
Il remporte très tôt de nombreux succès en
compétition, notamment au cours des célèbres
rencontres Est - Ouest.
C'était une rude école où les nouvelles recrues
devaient se mettre totalement au service des anciens. Mais il faisait
partie là d'une communauté soudée et solidaire.
Il a appris à privilégier les intérêts
du groupe et l'atteinte des objectifs communs. Il a aussi appris
à développer des valeurs fondamentales parmi lesquelles
un sens particulier de l'amitié.
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>
Arrivée en France en 1953
Conformément
à la règle de conduite des personnes éduquées
dans le respect des valeurs traditionnelles, il a accepté
la proposition d'un séjour en France qui lui a été
faites par un de ses professeurs de l'école Busen, le Maître
Kurihara.
Cette proposition correspondait bien à ses convictions et
à son esprit d'ouverture au monde. A ce moment là,
il avait déjà probablement une certaine volonté
de transmettre son enseignement et de promouvoir certaines valeurs
éducatives et culturelles de son pays d'origine. Il considérait
ces valeurs comme pouvant être des valeurs universelles.
Ce sentiment a été conforté par une rencontre
avec le Maître Kano Jigoro qu'il considérait comme
un philosophe d'envergure. Au cours de cet entretien, Maître
Kano lui suggéra qu'en tant qu'expert de sa discipline, le
Judo, il contribue à déployer aux yeux du monde ses
techniques et son esprit. C'est avec cet esprit missionnaire que
Maître Michigami aborda les côtes françaises
et débarqua dans le port de Marseille en été
1953.
A
peine arrivé en France, il fût immédiatement
mis à l'épreuve. Ainsi sans même s'accorder
quelques temps de récupération après un voyage
long et fatigant, ni même s'accorder un temps d'adaptation
afin de s'habituer au mode de vie de cette nouvelle contrée,
il a tout de suite pris le chemin de tatamis.
Dès le moi de Juillet 1953, il a a participé à
un de ces premiers stages avec le maître Kawaishi à
Biarritz. Il a ensuite enchaîné avec un rythme très
soutenu, stages, enseignements et entraînements un peu partout
en France.
Il ne s'est pas dérobé devant les défis et
conformément à son caractère entier ainsi qu'à
ses convictions, il a toujours donné un maximum de sa personne
afin de démontrer par l'exemple le bien fondé de son
enseignement.
Il s'est montré un compétiteur d'une efficacité
extrême malgré un âge où beaucoup de judokas
raccrochent leur kimono. Il a affronté les meilleurs éléments
que comptait à cette époque la France et l'Europe,
les équipes nationales en particulier. Suivant une méthode
caractéristique et propre au Japon, l'enseignement de Maître
Michigami reposait essentiellement sur l'exemple avec la nécessité
pour l'étudiant de reproduire et répéter sans
cesse. Pour lui, une bonne démonstration valait toujours
mieux qu'un long discours. Il montrait lui même sur des partenaires
de tout gabarit et démontré ainsi l'efficacité
de ces techniques enseignées.
Il
a été très vite reconnue que le Maître
était un judoka d'exception, un judoka éclectique,
il pratiquait avec la même aisance, la même maîtrise
et la même efficacité redoutable, le Judo debout aussi
bien que le Ne-Wasa où les étranglements, les clefs
de bras ainsi que tout les enchaînements et combinaisons possibles.
Non seulement le cerveau, mais le corps tout entier étaient
imprégnés de la technique. Il pouvait régir
instantanément devant toute situation, par réflexe,
jamais surpris. Tout cela se faisait d'une manière très
naturelle, comme le résultat d'un long apprentissage difficile
à l'école Busen, suivit d'un travail exigeant et constant.
Il avait coutume de rappeler que le Judo : "c'est 90% de transpiration
pour 10 % d'inspiration". Il ne concevait pas que l'on puisse
progresser autrement que par une pratique régulière
en recherchant soi même l'efficacité de la technique
par une répétition incessante du mouvement (les Ushikomu)
en l'adaptant à la morphologie de chaque partenaire. Un travail
à mener dans un esprit d'humilité avec le désir
de toujours apprendre davantage : ne jamais considérer que
l'on connaît déjà et plutôt considérer
que l'on peu encore apprendre et progresser. Fort de cette humilité,
il disait lui même bénéficier du contact avec
ses élèves, le fruit de ces échanges lui permettant
ainsi de progresser. Il disait souvent : "attention à
la grosse tête!".
Ainsi dès le début de son séjour en France,
malgré la barrière de la langue, il a su faire passer
son enseignement avec une adhésion totale de ses élèves
et de ses disciples.
Il a ainsi su convaincre le plus grand nombre de l'importance des
bases dans l'apprentissage d'une discipline comme le Judo. Et progressivement,
il a ainsi pu élargir la nature de son enseignement en l'étendant
aux Katas, aux Kuatsus et aux techniques de réanimation.
Progressivement, il a su fait évoluer les gens d'une pratique
mécanique de la discipline vers une pratique de l'Art Martial
qu'est le Judo. En effet Maître Michigami a toujours eu la
volonté constante et inchangée d'enseigner le Judo
en tant qu'Art Martial, c'est-à-dire comme un exercice de
volonté autant que physique.
Il s'agissait pour lui d'une véritable école de vie
destinée à forger la personnalité d'un individu
et pas seulement d'un sport permettant d'accumuler des victoires
et des médailles.
Pour lui, il s'agissait d'une discipline permettant la construction
de l'individu avant toute chose. La victoire n'étant que
le résultat de la volonté, de l'effort et de la force
de caractère que l'individu a pu montrer au cours d'entraînements
et d'apprentissages réguliers.
Il a pu imposer et développer le concept d'un Judo reposant
sur le triptyque (Shin-Gi-Taî), le Judo passe
par l'action du corps mais l'esprit doit le commander. "On
s'engage totalement dans le travail de la technique et le corps
se développe, l'esprit s'affermi. L'esprit du Judo, c'est
la sincérité sans détour, l'engagement, l'esprit
de décision, c'est aussi d'attaquer au maximum. Défendre,
ce n'est jamais gagner!".

Privé de l'une de ces 3 composantes, il perd de sa substance.
Il n'y a jamais eu en la matière de compromis possible. Sans
en faire un objectif, il a surtout su tout de suite imposer le respect.
Un respect naturel, associé à la compétence
et qui a très vite débordé du tatami, un respect
qui est très vite passé du judoka à l'homme.
>haut
de page
>L'homme
L'homme
qu'était maître Michigami, je ne prétends pas
en parler d'une manière absolue car qui peu prétendre
réellement le connaître. Je n'en parlerais donc qu'avec
l'éclairage personnel de quelqu'un qui a pu tisser, au fil
des années passées à son contact quelque lien
d'amitié.
L'homme, Michigami Haku, s'était lui même investit
d'une mission, et dès son arrivée en France, toute
sa vie a été consacré à l'accomplissement
de cette mission. Il n'a eu qu'un seul but, celui de transmettre
son enseignement dans le respect des valeurs qui y sont associée.
Et il a montré toute sa vie une attitude courageuse et volontariste.
Pour lui, le dépassement suprême consistait à
tout risquer pour quelque chose considéré comme supérieure
à soi-même.
Et selon le code des valeurs héritées du "bushido",
on peut dire que son enseignement a été transmis dans
un esprit d'abnégation et d'altruisme : bo-ki-ri-ta.
 |
bo |
Tous ceux qui l'ont
connu peuvent témoigner pour dire que dans la prunelle
de ses yeux, de cet homme au regard hors du temps, brillait
une énergie et une volonté d'accomplissement
extraordinaire. De cette énergie et de cette volonté
émané un charisme exceptionnel.
Sa seule présence sur un tatami était de nature
à nous stimuler et à nous inciter au dépassement.
Baignant dans cet esprit dynamique, on ne pouvait qu'être
entraîné soi-même. Il était en tout
cas un remède formidable contre le doute et le pessimisme.
Il n'est pas galvaudé de dire que l'on pouvait se ressourcer
auprès du maître.
Maître Michigami était également d'une
profonde humanité, cette humanité propre aux
hommes ayant un parcours riche et ayant connu des situations
extrême. |
| ki |
| ri |
| ta |
Il savait prendre ses distances par rapport aux choses et aux
événements quotidiens, il savait garder un comportement
toujours égal.
Se sachant un individu de passage sur cette terre, il le faisait
avec un détachement tranquille qui lui permettait d'affronter
avec sérénité les difficultés et les
oppositions d'où qu'elles viennent. C'était aussi
un homme de devoir, il avait un grand sens de l'honneur et une foncière
honnêteté. C'était un esprit droit et net, aussi
exigeant que fidèle en amitié. Il avait coutume de
dire à ses proches : "l'amitié c'est comme un
beau vase en porcelaine, il faut en prendre soin, si on le casse,
on peut toujours recoller les morceaux mais il ne reprend jamais
son éclat d'avant. Les traces en sont indélébiles".
Son esprit de détachement lui a aussi permis de vivre pleinement
le présent, lui a permis de savourer les bonheurs simples.
Je conserve très présent en ma mémoire les
bons moments passés ensemble, toujours dans la bonne humeur,
à cultiver cette amitié autour d'une table garnie
d'un bon repas et d'un bon verre.
Pour lui l'amitié était une des valeurs essentielles.
Comme il a su être pour ses proches à la fois le Senseî
et un ami sincère ! Pour lui les judokas constituaient une
famille, ils doivent s'entraider, c'est un des principes fondateurs
du Judo.
>haut
de page
> L'honneur du samouraï
Il
est un acte qui peu paraître en contradiction avec l'homme
respectueux des traditions qu'a été maître Michigami.
Devant l'évolution mondiale du Judo et de ses règles
qui l'éloigne de l'Art Martial, reposant sur le triptyque
"shin-gi-taî", il a été conduit, en
1963, a se trouver en opposition avec les dirigeants de son pays
et le puissant kodokan.
Il a en effet éprouvé une grande déception
devant ses dirigeant d'après guerre qui n'ont pas su défendre
l'esprit traditionnel et la substance fondamentale du Judo. Lui,
le missionnaire qui a défendu seul outre mer, loin de ses
racines cet esprit du Judo traditionnel. Lui qui a su démontrer
la justesse du Judo traditionnel en développant avec sincérité
cette discipline au sein d'une école européenne évoluant
dans l'atmosphère de cet idéal chevaleresque du "Bushido".
Lui
qui a formé de grands champion. Tout le monde se souvient
du premier champion du monde et champion Olympique non japonais
qu'il a entraîné.
Il n'a pas su admettre q'un puissant organisme de son pays ne sache
pas prendre position pour infléchir cette tendance a "fabriquer
de la réglementation au rythme des pays européens".Ainsi
à l'image des Samouraïs de l'époque féodale
qui par fidélité réalisent le sacrifice suprême,
il a réalisé lors de ce tournant, un acte déterminant
de son existence. Il s'est publiquement exprimé par l'écriture
d'un article énonçant clairement sa position sur la
portée de ces changements tant sur le plan de l'esprit et
des conséquences désastreuse qu'il provoquerait à
terme sur le plan de la technique.
Il s'est agit à ce moment là, pour cette homme que
la valeur prédestinée probablement aux plus hautes
fonctions dans les instances dirigeantes internationales, d'un sacrifice
pour une cause au sens du "Hagakure". Pour cet homme éduqué
dans l'esprit du "bushido", la loyauté était
plus importante que la "mort".
Il a eu tout le long de son existence cette attitude de fidélité
aux valeurs qu'il a fait siennes, il n'y a jamais eu en la matière
de compromis possible.
>haut
de page
>
Conclusions
Maître Michigami Haku comme d'autres personnages de l'histoire,
en quête d'excellence par une pratique permanente et par l'effort,
ne recherchait pas cette excellence pour se mettre en valeur ni
pour paraître en aucune manière.
C'était un art de vivre, c'était sa façon de
garantir la transmission d'un savoir intact au plus près
de l'héritage de ces maîtres.
Un savoir cependant emprunt d'une marque personnelle avec une technique
précise et efficace, épurée au fil du temps
par une recherche de travail incessant de toute une vie.
On peut ainsi parler d'une école de Judo Michigami.
Pour lui, il en allait du Judo comme les plus grands arts : un
esprit et des gestes à transmettre de génération
en génération, par la pratique, pour toujours - à
transmettre par la relation d'êtres humains entre eux.
Il ne concevait pas que cela puisse se faire autrement. C'est pour
cela qu'au cours de son existence, il ne s'est jamais attaché
à fixer sa technique de manière statique en image
dans les livres ou de manière abstraite sur les films. Cela
aurait été trop réducteur de sa conception
du Judo, il n'aurait pas permis l'expression simultanée des
3 composantes essentielles : "shin-gi-taî".
Avec le sentiment du devoir accomplie, il aurait cependant ardemment
souhaité que cet héritage soit transmis et perpétué.
C'est le devoir de tous ceux qui ont eu la chance de vivre avec
lui cette expérience, en communion totale. C'est en particulier
la tâche du Judo Club Bordelais qui continu, selon la volonté
du Senseî, d'être l'école du Judo Michigami.
Lors de sa formation, en étant ouvert à toute influence,
il a possédé ce que la tradition offre de meilleurs
et qui a fait la preuve de sa valeur. Il n'a pas tenté quelques
syncrétismes artificiels entre sa conception et les traditions
nouvelles. Pour lui, la tradition n'est pas un carcan, elle n'est
pas un enfermement sur soi, elle a été la liberté.
Elle l'a préparé à la vraie rencontre avec
le monde, à l'affronter sans se perdre.
Il s'est éteint comme il a vécu, dans la discrétion
et avec beaucoup de courage. Même dans ces circonstances,
il semblait maîtriser son destin et organiser l'après.
Une cérémonie du souvenir organisé à
Bordeaux pas sa famille et quelques piliers du JCB a permis de rassembler
une foule importante, indiquant quelle place il occupait et il continuera
d'occuper dans notre communauté.
Et comme d'autres personnages de l'histoire, tout entiers dévolus
à l'essentiel, il mérite d'être mieux connu
et reconnu.
Pierre Lespade
Secrétaire Général de l'AJM (Académie
de Judo Michigami)
Voir également >
l'histoire du Judo Club Bordelais
>haut
de page
