
L’histoire du JCB est indissociablement liée à
celui qui fut son fondateur et qui demeura son directeur technique
jusqu’à sa mort, Maître Michigami Haku, 9°
Dan, diplômé de l’école du BUSEN, équivalent
de l’Institut National du Sport et de l’Education Physique,
et de l’Ecole Normale Supérieure. Il eut comme professeurs
de grands noms (Maître Kurihara, Maître Tabata, Maître
Isogaï, Maître Yamashita), véritables pionniers
qui formalisèrent le Judo sous l’égide de Maître
Kano Jigoro.
C’est à l’occasion d’un entraînement
commun avec le Kodokan que Maître Michigami rencontra Maître
Kano, avec lequel il s’entretint des divers aspects du Judo,
de son développement et de son enseignement. En tant que
professionnel, et en fonction de son niveau d’excellence,
Maître Kano l’investit d’une mission morale de
responsabilité dans l’évolution du judo mondial.
Cette responsabilité fut toujours présente dans l’esprit
de Maître Michigami qui tenta dans son enseignement d’allier
le respect des valeurs fondatrices du judo telles que définies
par ses précurseurs à l’inévitable évolution
liée à la vie même d’une pratique somme
toute récente.

Dès
son arrivée en France en 1953, il développe le Judo
à la demande de Monsieur Bonnet- Mory, Président de
la Fédération Française de Judo et de Maître
Kawaïshi, mais il entend le faire librement. Afin de garantir
cette indépendance, il crée, en 1956, avec l’aide
de quelques élèves, le JUDO-CLUB - BORDELAIS, structure
qui se doublera rapidement de L’ECOLE DE JUDO MICHIGAMI. Le
JCB formera les kyus, l’Ecole de Judo Michigami perfectionnera
les connaissances des ceintures noires. L’ensemble se développera
très vite pour dépasser les 550 licenciés dans
les années 1960. Parallèlement, le club organise à
Bordeaux, fin juillet un stage international : le nombre de
participants imposera un déménagement vers des locaux
plus vastes.
La renommée
de Maître Michigami s’étend en Europe et en Afrique.
Ce grand expert devient, entre autres, le conseiller technique de
la fédération hollandaise qui , sous sa férule,
occupera la première place européenne, avant de bouleverser
le judo mondial grâce au succès fracassant de son élève
le plus célèbre, Anton Geesink, Champion du Monde
et Olympique. En 1961, il viendra à Bordeaux préparer
les Championnat du Monde de Paris, où il sera sacré.
Au–delà de ses titres, Maître Michigami était
surtout fier de l’attitude de son élève, empreinte
de modestie et de respect vis-à-vis de ses adversaires, et
toujours à l’écoute.
D’autres
grands champions formés au club, remportèrent de nombreux
titres nationaux et internationaux : les coupes ornent encore le
club.
Cependant,
les élèves de Maître Michigami ont ouvert des
clubs, les salles municipales voient le jour. La Fédération
Nationale de Judo Traditionnel rejoint la FFJDA, et l’aspect
compétitif du judo se développe au détriment
de la technique et des Katas : Maître Michigami apparaît
comme le défenseur du judo . Le club devient alors le lieu
privilégié où Maître Michigami développe
ses conceptions auprès de ses élèves en humaniste
dur et exigeant, perfectionniste, respectueux des bases techniques
et physiques, pour qui chacun construit son judo en fonction de
sa morphologie et de se capacités physiques, mais toujours
selon trois principes indissociablement liés : Shin
Ghi Taî : l’Esprit à tout pouvoir sur le
Corps qui se développe en travaillant la Technique. Ainsi,
l’étude Technique fortifie le Corps et l’Esprit
du Judoka, qui peut et doit tester son travail approfondi dans les
randoris lors des compétitions. La compétition est
l’épreuve indispensable où la vérité
du judoka se révèle… Elle n’est pas une
simple course à la médaille, mais plus essentiellement
le lieu où le judoka teste ses capacités techniques,
physiques et mentales et voit ses efforts récompensés
à hauteur de ses compétences et de son investissement.
Le Judo vise alors à se mieux connaître, à se
construire soi-même dans une progression toujours inachevée.
L’homme est le but du judo, et non plus la médaille.
La compétition se voit alors dotée d’un sens
nouveau, plus profond.
« Le
judo, c’est 1 pour cent d’inspiration et 99 pour cent
de transpiration. » Le JCB, conservatoire du judo, affirme
ainsi la nécessité de l’effort.
Le 4 août 2002, Maître Michigami est décédé
au Japon. Il a demandé que le club lui survive et perdure.
Ses élèves tentent de respecter son vœu, alliant
tradition et modernité dans l’esprit défini
par le fondateur du JUDO CLUB BORDELAIS.
Dominique
Gallart
Les
anciens président du Club Bordelais :
Guy
Debedat
André Aubrun
André Gonin
Michel Ballon
Dominique Gallart
Voir
également >
l'histoire de Maître Michigami
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